Biden au Proche-Orient: amour propre ravalé et haute voltige diplomatique

L’inévitable poignée de mains avec Mohammed ben Salmane ne sera pas la seule épreuve pour le président américain sur la route semée d’embûches de cet Orient compliqué.

Dix-huit mois après son arrivée à la Maison-Blanche, le président américain Joe Biden a débuté mercredi sa première tournée au Moyen-Orient, une région qu’il avait réussi jusqu’à présent à soigneusement éviter. Mais l’objectif initial de Washington de s’investir davantage dans les énergies renouvelables et de se détacher progressivement des pays du Golfe a buté sur l’invasion russe en Ukraine et ses conséquences dramatiques de pénurie énergétique. Il s’agit donc maintenant, alors que l’inflation aux Etats-Unis atteint en juillet un nouveau record, de faire baisser les cours du pétrole brut et le prix à la pompe auquel sont confrontés les électeurs au pays des SUV gargantuesques.

Cela demandera à Biden d’avaler son amour-propre et ses justes convictions, lui qui avait traité l’Arabie Saoudite d’«Etat paria» et avait juré de ne jamais saluer le prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, le dirigeant de facto du royaume. Il le fera pourtant, l’or noir vaut bien une poignée de main peu hygiénique. Les services secrets américains avaient désigné MBS comme le commanditaire de l’assassinat du journaliste et opposant Jamal Khashoggi en octobre 2018 dans le consulat saoudien à Istanbul. Vieille histoire que tout cela !

Voici donc Biden dans un exercice de haute voltige diplomatique, reliant Jérusalem à Riyad en essayant d’éviter les multiples embûches de cet Orient compliqué. Ne pas en faire trop sur le conflit israélo-palestinien, d’abord, en invitant à Washington la famille de la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh, tuée en marge d’un raid israélien à Jénine, sans pour autant désigner l’armée israélienne comme responsable de sa mort. Trouver à son arrivée à Riyad ce vendredi un geste symbolique à la mémoire de Jamal Khashoggi sera bien plus compliqué, mais tout aussi nécessaire.

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